Un exemple unique de la communauté de charité d’Elisabeth Fiodorovna

24 août 2021

Le Couvent Marfo Mariinsky

La communauté de miséricorde «Marthe et Marie» avait été fondée par la Grande duchesse Elisabeth Fiodorovna en 1909 à Moscou, deux ans après l’assassinat de son mari, le Grand duc Serge Romanov. Un tiers des biens qui appartenaient à Elisabeth Fiodorovna a été dépensé pour l’organisation de la communauté et pour d’autres œuvres de charité. Du vivant de la Sainte et vénérable martyre, la Grande duchesse Elisabeth, la communauté a existé pendant une courte période. Au cours de ces années de son activité, la communauté a acquis une grande renommée qui ne s’éteint pas jusqu’à présent. Cette communauté a été unique dans son genre.

Le caractère unique de la communauté

Dans la communauté «Marthe et Marie» Elisabeth Fiodorovna voulait réunir le service social et la règle de vie monastique stricte. Les communautés laïques de la charité qui existaient en grand nombre en Russie, ne plaisaient pas à la Grande duchesse par leur esprit: les sœurs de la charité allaient souvent à des bals et en général menaient un mode de vie laïque. Elle comprenait le monachisme uniquement comme contemplatif, la prière et le renoncement complet au monde, y compris aux travaux dans les hôpitaux et à l’autre activité sociale.

C’est pour cette raison que les vœux que les sœurs de la charité faisaient dans la communauté, étaient temporaires (pour un an, trois ans, six ans et c’est seulement après pour la vie). Ainsi, n’étant pas moniales, les sœurs menaient un mode de vie monastique. Selon leur souhait, elles pouvaient quitter la communauté et se marier ou bien devenir religieuses. Dans cette règle de la communauté, Sainte Elisabeth a pu réunir deux types de service du Christ: le service actif, comme celui de Marthe, ainsi que le service contemplatif, comme celui de Marie. C’est en cela qu’était le caractère unique de la communauté.

La question reste ouverte si Elisabeth Fiodorovna a reçu elle-même la tonsure monastique. Ses lettres disent qu’elle avait l’intention de recevoir la tonsure vers la fin de sa vie. Même si la tonsure avait eu lieu, c’était en secret.

Elizabeth soeurs de Misericorde

Les sœurs

Les jeunes filles non mariées et les veuves, orthodoxes, physiquement fortes, âgées de pas moins 21 ans et pas plus de 40 ans, pouvaient devenir les sœurs de la charité. Cette exigence a été justifiée non seulement par le service spirituel mais aussi par le service social physiquement dur. Pour pouvoir prêter un secours qualifié aux nécessiteux, les sœurs de la communauté suivaient obligatoirement des cours d’instruction religieuse ainsi qu’elles acquéraient des connaissances médicales. Au moment d’ouverture de la communauté, il y avait 6 sœurs, tandis qu’au cours de la première année, 17 autres se sont jointes à ces premières. Parmi elles la Grande duchesse Elisabeth qui a été nommée la supérieure.

Les unes des sœurs dans la communauté étaient consacrées et portaient une croix semblable à la croix pectorale des prêtres, les autres étaient soumises à l’épreuve, il y avait aussi les élèves, les filles de l’orphelinat qui voulaient devenir sœurs. Il en était ainsi également dans d’autres communautés de la charité en Russie de ce temps-là.

La principale mission des sœurs était de rendre visite à des familles pauvres. Toutes les sœurs ainsi que la supérieure rendaient régulièrement visite à des asiles de nuit, elles faisaient des pansements, plaçaient les enfants abandonnés dans les orphelinats, cherchaient du travail aux chômeurs. Aux années de l’épanouissement de la communauté (1914-1917), plus de 150 sœurs y travaillaient.

Sainte Elisabeth et les soeurs de misericorde avec les militaires blesses

La supérieure

Agrippine Koutomkina, la dernière sœur qui était disciple de la Mère Elisabeth, se souvenait que la Grande duchesse venait la nuit pour voir si les sœurs se reposaient, mais aussi qu’elle était très stricte quant à l’exécution par les sœurs de leurs devoirs. En faisant des piqûres, Sainte Elisabeth, en pensée ou avec sa main, faisait le signe de la croix de l’endroit de piqûre.

L’agrandissement de la communauté et de son l’activité

Par le zèle d’Elisabeth Fiodorovna, deux églises ont été construites dans la communauté. L’église de l’hôpital en l’honneur des Saintes Marthe et Marie a été consacrée en 1909, l’église de la Protection de la Mère de Dieu – en 1912. Dans cette dernière il y avait un petit escalier qui menait dans la crypte où Elisabeth Fiodorovna avait fait un vœu de l’ensevelir. Cela n’a pas été fait à cause de la révolution qui s’est produite en Russie. Suite à ces événements dans le pays ainsi qu’au changement du pouvoir, les reliques de la Sainte ont été transférés à Jérusalem où ils se trouvent jusqu’aujourd’hui.

Sans compter les églises, il y avait quatre maisons sur le territoire de la communauté: un bâtiment d’habitation des sœurs avec un réfectoire, un hôpital avec une infirmerie, une maison de la supérieure et une maison du prêtre dans laquelle se trouvaient une bibliothèque et les chambres où vivaient et faisaient leurs études les enfants orphelins. Il s’y trouvait de même une école du dimanche pour les femmes qui travaillaient dans des fabriques. Quand le nombre des sœurs a considérablement grandi, un bâtiment d’habitation à trois étages a été construit pour elles. Plus tard, on a acheté quelques bâtiments près de la communauté. Dans un d’eux a été faite une cantine pour les pauvres où on préparait quotidiennement et vendait pour des sous des centaines de repas du midi. C’est également là que se trouvaient des appartements bon marché pour les femmes qui travaillaient mais disposaient de faibles revenus.

Le premier patient de l’hôpital

La première opération à l’hôpital pour les pauvres qui fonctionnait à la communauté, a été faite à Elisabeth Fiodorovna elle-même: les chirurgiens ont avec succès enlevé une tumeur bénigne. Cet hôpital jouissait constamment du succès et son unité chirurgicale était considérée comme la meilleure à Moscou. 34 meilleurs médecins y travaillaient sans rémunération. La pharmacie de la communauté pourvoyant gratuitement des médicaments aux pauvres.

Malgré une grande demande, Elisabeth Fiodorovna ne donnait pas la permission d’agrandir le nombre de lits à l’hôpital, qui étaient seulement 20. Elle pensait que le travail dans un hôpital plus grand allait distraire les sœurs de leur mission principale, la visite des pauvres à leur domicile. Il y avait assez d’hôpitax dans la ville mais le nombre du personnel dans le service social était insuffisant.

Un père spirituel donné par Dieu

Le pouvoir et la responsabilité dans la communauté «Marthe et Marie» avaient été harmonieusement séparés: la vie spirituelle était dirigée par le père spirituel de la communauté, l’archiprêtre Mitrophane Sérebriansky, tandis que les affaires administratives, tout en demandant son avis, gérait Elisabeth Fiodorovna.

Venerable Confesseur Sergius Srebryansky archimandrite de Tver

Le père Mitrophane est devenu le père spirituel de la communauté non pas par son souhait, mais par la providence Divine. Pour les bons conseils sur l’organisation de la communauté «Marthe et Marie» qu’il a donnés en 1908 et qui finalement se sont mis à la base de son organisation, la Grande duchesse a proposé au père Mitrophane être le père spirituel de la communauté. Quand après des réflexions le prêtre a décidé de refuser cette proposition, il était paralysé du bras droit. Il a compris cela comme le signe de la volonté Divine et a promis à Dieu de consentir à être le père spirituel de la communauté. Peu de temps après, il a reçu la guérison.

En 1918, attendant son arrestation, Sainte Elisabeth a confié la communauté aux soins du père Mitrophane et de la sœur économe. Quelque temps après, le père spirituel a reçu la tonsure avec le prénom de Serge et a servi dans la communauté jusqu’en 1923, quand des arrestations et des exils ont commencé dans sa vie. Père Serge est mort en 1948 et il a été glorifié dans le nombre de nouveaux martyrs et confesseurs de l’Église russe.

Après la mort de martyre de sa fondatrice en 1918, la communauté elle-même a existé encore presque huit ans. En 1926, beaucoup de sœurs ont été exilées en Asie Centrale et les bâtiments de la communauté ont été occupés par des établissements. En 1928, les bolchéviks ont fermé l’église de la Protection de la Mère de Dieu.

Mission spirituelle

En plus des œuvres de bienfaisance, la Grande duchesse et le père spirituel voyaient comme objectif final de la fondation de la communauté, la mission parmi les citadins pauvres. Elisabeth Fiodorovna disait: «Nous portons à ceux qui souffrent non seulement une aide matérielle, mais aussi la lumière du Christ». Poursuivant ce but, le père Mitrophane menait chaque semaine des causeries avec les sœurs au sujet de la foi et de l’Ecriture Sainte pour qu’elles aient pu prêcher librement en dehors des murs de la communauté.

La communauté aujourd’hui

La renaissance de la communauté «Marthe et Marie» a commencé en 1992. En 2008 a été terminée la reconstruction de tout l’ensemble architectural. Dans les anciennes chambres de la Grande duchesse Elisabeth a été organisé un musée où se trouvent ses objets personnels et ses lettres.

au musee st Elisabeth soeurs de la misericorde

Il y a aujourd’hui dans la communauté plus de 40 moniales et trois sœurs de la charité (beaucoup sont devenues moniales). Il y a aussi une communauté de dix personnes ainsi que des bénévoles, ni les uns ni les autres n’habitent pas au monastère, mais ils aident dans le service social dont les moniales ne s’occupent pas.

La supérieure, mère higoumène Elisabeth (Pozdniakova) compte que dans les réalités contemporaines, il n’est pas possible de rétablir le mode de vie qui était là du temps de Sainte Elisabeth. «Aujourd’hui, l’activité sociale d’église est une prérogative principalement des laïques. Je pense de ce fait que ceux qui travaillent chez nous ainsi que nos bénévoles sont justement ces sœurs de la charité que la Grande duchesse Elisabeth avait réunies autour d’elle».

Actuellement, les sœurs de la charité de notre communauté prennent part à quelques projets dont la réhabilitation des enfants et des adultes handicapés, l’aide aux sans abri, le service de patronage, le soin des malades dans des hôpitaux, l’aide aux enfants orphelins et aux familles nécessiteuses.

Archipretre Andre Lemechonok

L’exemple du service des gens, du service plein d’abnégation qu’a montré la Grande duchesse Elisabeth et les sœurs de la charité de la communauté qu’elle avait fondée, a inspiré beaucoup père André Léméchonok. Ainsi, en 1994, la Communauté des sœurs laïques de la Charité dédiée à la Sainte et vénérable martyre, la Grande duchesse Elisabeth, a été créée à Minsk. Quelques années plus tard, le monastère Sainte Elisabeth a été créé à partir de cette communauté de la Charité. La mission première de notre Communauté des sœurs de la Charité qui compte aujourd’hui près de 300 sœurs laïques, est d’assurer une assistance spirituelle et sociale aux patients des hôpitaux et des services spécialisés pour enfants et adultes, d’effectuer le service de patronage en prenant soin des personnes malades et âgées à leur domicile. Aussi, des causeries avec le père spirituel où les sœurs échangent leurs expériences sur la semaine écoulée et discutent des problèmes spirituels sensibles, ont lieu hebdomadairement.

Ainsi, par la bénédiction Divine, l’activité de bienfaisance de Sainte Elisabeth continue encore aujourd’hui. En plus, non seulement dans la communauté qu’elle avait fondée, mais aussi dans d’autres qui ont été créées à son exemple.

Source: https://www.pravmir.ru/marfo-mariinskaya-obitel-nepovtorimyj-obrazec/

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