Chaque jour doit être comme le dernier

6 septembre 2021

Chaque jour doit être comme le dernier

Il nous est difficile de vivre puisqu’il nous arrive d’aller mal. Nous cherchons une cause dans des circonstances, dans des évènements et pensons que si nous changerons quelque chose dans les affaires extérieures, nous irons bien. Ce n’est pas ainsi. Et voici que l’homme s’agite et ne comprend pas qu’il va mal à son intérieur, quand il n’y a pas de liaison avec Dieu, quand il n’y a pas de confiance en Dieu, quand il n’y a pas de paix à son intérieur. Quelles que soient les circonstances dans lesquelles il se trouve, rien lui ne sera à sa façon, tout lui sera mal. Il a fait froid, c’est mal. Il fait chaud aujourd’hui, c’est mal. Il fera sec et tout va sécher, c’est mal. Il pleuvra et tout sera mouillé et va pourrir, c’est aussi mal. Comment Dieu peut-Il contenter l’homme?

Un homme dit: «Tout me va mal: il n’y a pas de tentations. C’est-à-dire que Dieu m’a laissé. Je vais bien, mais j’ai peur de ce «bien», je ne suis donc pas agréable à Dieu». Mais un autre dira le contraire: «J’ai tout le temps des tentations» - «Mais c’est la grâce Divine!» - «J’ai de tels voisins, j’ai un tel mari, j’ai une telle belle-mère...» - «C’est un cadeau pour vous, une possibilité d’entrer dans le Royaume des Cieux, mais vous dites «mal». Ce sont les gens qui vous apprennent à vivre pour de bon!» - «Non, c’est mal».

Puis vient une troisième personne et dit: «Mon mari me porte dans ses bras: ce n’est pas intéressant de vivre comme ça. S’il me donnait une gifle, peut-être qu’il y aurait ainsi un entrain. Parce que tout ce que je lui demande, il fait tout». Ce n’est pas intéressant non plus. Vous voyez, rien n’est comme on le veut. Comment peut-on contenter l’homme?

Nous devons apprécier ce que nous avons.

La mer de la vie que chacun de nous traverse, comme jadis les apôtres en barque, s’agite au point de nous couvrir par les vagues. Cependant, lorsqu’il semble que l’on peut vraiment sombrer et que la peur nous saisit, le Christ vient à notre secours.

Le Christ a apparu ainsi dans notre vie. Nous L’avons vu non pas marchant sur l’eau, mais Lui, Son amour nous a atteints et, comme l’apôtre Pierre, nous avons dit: «Nous voulons nous aussi marcher sur l’eau», «Moi aussi, je veux Te suivre». Viennent ensuite des épreuves, des tentations et on oublie Qui on suit, Qui nous a appelés à aller de l’avant, dans le Royaume des Cieux, et c’est ainsi que l’on commence à couler: «Au secours!»

Gloire à Dieu si l’homme se résigne et crie: «Seigneur, aide-moi!» Ce cri devient une norme de notre vie parce que nous coulons constamment. La mer de la vie nous fait peur tout le temps. Si l’apôtre Pierre ne s’était pas distrait, s’il n’avait pas commencé à regarder les vagues qui étaient grandes et qui faisaient peur, il n’aurait pas commencé à couler. Il en est de même dans les circonstances de la vie: nous commençons de façon humaine à tirer des conclusions, à regarder de façon humaine sur ce que nous pouvons, sur ce comment notre vie et la vie de nos proches s’arrangera plus tard, et une peur nous envahit parce que nous ne voyons pas une issue. Nous oublions qu’il est nécessaire de regarder non pas les circonstances, non pas des gens, mais regarder Dieu. Vous comprenez? Pensez à ce que notre vie est un passage dans la vie éternelle. Elle n’a pas du prix que ce monde nous a établi.

Tôt ou tard, nous deviendrons très faibles. Tout ce qui nous est accessible et permis aujourd’hui, nous ne pourrons pas le faire demain. Mais l’âme que nous devons préparer à l’éternité, est souvent dans la négligence. Voilà pourquoi nous allons vers Dieu et demandons. Nous ne demandons pas: «Change les circonstances de notre vie», mais nous demandons: «Donne-moi la force de porter ma croix». Nous devons avoir confiance en ce que cette croix est à nous et nous devons la porter jusqu’à la fin. Jusqu’à la fin. Il doit y avoir un changement complet de notre conscience, de la perception de toute notre vie.

Orientés sur nos sentiments et nos désirs, nous ne pourrons jamais suivre le Christ. Parce que nous allons juger: «Cet homme me plaît, celui-là ne me plaît pas. Cet homme, je l’ai vu saint aujourd’hui, je le verrai le dernier pécheur demain». Nous aurons des hésitations et des doutes. Nous ne saurons pas constamment ce qui est, en fait, la vérité. Parce qu’il n’y aura pas de cette vérité en nous, à notre intérieur. Il n’y a plus de paix dans mes os, à cause de mes péchés (Psa 37(38):4). Nous avons du temps, chers amis, un peu de temps. Gloire à Dieu que nous ne savons pas combien. Chaque jour doit être comme le dernier. Chaque jour. C’est alors, en effet, que l’âme s’habituera à vivre attentivement et sensément, à lutter, à réfléchir, à chercher le Christ. Il est près de nous, mais nous regardons et marchons dans une autre direction. Nous devons nous arrêter et dire: Montre-moi, Seigneur, la route à suivre, car vers Toi j’élève mon âme (cf: Psa 142(143):8).

Quand on regarde ses forces, mais il n’y en a pas, il semble que l’on est mort. Quand on surmonte ses infirmités et qu’on regarde Dieu, on est vivant. Un homme qui meurt sur son lit, peut être bien vivant. Cependant un homme physiquement fort, content de lui, sain extérieurement, peut être mort à son intérieur. «Que les morts enterrent leurs morts!»

Apprenons donc, ches amis, à vivre avec Dieu. Allons apprendre et nous rappeler que le Christ est toujours près et aucunes vagues ne pourront nous frapper si nous serons sur le navire. Le navire c’est notre Sainte Eglise que dirige le Christ. Le Christ nous dit: «Pourquoi avez-vous peur, gens de peu de foi?» (Mat 8:26). C’est Moi qui dirige le navire».

Le Christ est le Roi Céleste et nous devons nous préparer petit à petit à aller à la maison: abandonner tout ce qui nous empêche de vivre avec Dieu, être libres. Nous devons apprendre à vivre une vie intérieure qui détermine toute la vie extérieure de l’homme.

Réchauffez-vous maintenant tant qu’il fait chaud. Reposez-vous si vous avez cette possibilité, venez en pleine nature, respirez l’air frais, mangez des fruits et des baies, reprenez vos forces. Ce n’est pas mauvais, cela est nécessaire à l’homme. Rappelez-vous l’essentiel, que l’âme se nourrit seulement d’amour. Sans amour l’homme ne peut pas vivre, il est mort. Apprenons à aimer nos proches, à aimer ceux qui, peut-être, ne nous aiment pas trop et ne nous comprennent pas, ceux qui nous offensent. Chacun de nous a son plan d’études individuel, le plan que le Seigneur donne à chacun de nous et que nous devons tous réaliser.

Archiprêtre André Léméchonok

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