Communauté de la charité: une école de l’amour, du pardon, d’espoir

16 février 2022

Soeur de la charite Olga Shipilo

Sœur de la charité Olga Shipilo, avec un tronc de quête, porte depuis 17 ans une obédience dans les rues de Minsk. Ayant passé par un chemin long d’afflictions, la sœur a trouvé une consolation à l’église, et, grâce à une obédience au monastère, elle a appris à ne pas avoir peur dans toute situation et à ne pas se décourager. Voici son récit.

La présence de Dieu est dans la beauté de relations entre les gens

Mon enfance et la jeunesse sont passées au temps où on ne parlait pas de Dieu. Je sentais pourtant la présence de Dieu dans l’amour et le respect entre les gens. Je voyais des gens croyants quand je travaillais à l’école, dans un foyer d’habitation, dans un jardin d’enfants. Ils ne parlaient pas de Dieu, mais il était possible de les reconnaître. Maintenant, si je les rencontrais, je pourrais leur dire: «Quelle joie de te serrer dans les bras!»

La foi est dans les yeux de l’homme, dans son sourire, dans la pureté, dans l’honnêteté. On venait souvent avec mon frère et ma sœur chez nos grands-parents, les parents de la maman. Notre papa respectait beaucoup la grand-mère et même m’a appelée Olga en son honneur. Les gens à la campagne aimaient la grand-mère, venaient lui rendre visite, apportaient des friandises. Huit ans la grand-mère restait alitée, elle était toujours heureuse de nous voir venir: elle nous serrait dans ses bras et embrassait. Je me rappelle, on se mettait autour de son lit et elle commençait à lire le «Notre Père», puis d’autres prières. Ainsi, la grand-mère nous habituait à aimer et à glorifier Dieu. Le grand-père était un responsable de l’église, maistout le monde l’appelait «père». On a même célébré à la maison l’office de funérailles pour lui avec le chœur d’église au complet.

Mes parents

L’exemple de belles relations ont montré mes parents. Je me rappelle, les parents sont venus à la maison après une réunion pédagogique et ont discuté quelque chose. La maman était enseignante dans les classes primaires, le papa était professeur de géographie, il enseignait aussi l’éducation physique. Ce soir-là, on nous a envoyés dans une autre chambre avec les paroles: «Ce n’est pas votre affaire, enfants». On ne discutait jamais en notre présence des questions à débattre.

Au travail aussi, j’ai ressenti la joie de bonnes relations entre les gens: il y avait une attitude de respect, personne n’a jamais dit une mauvaise parole. Si! Une fois. Un homme qui a bu a essayé de dire quelque chose de mauvais à mon adresse, mais des jeunes gens l’ont remis à sa place tout de suite: «Qu’est-ce que tu te permets? Va présenter tes excuses!» Et il l’a fait tout de suite. Puis, j’ai travaillé pendant beaucoup d’années comme éducatrice dans un jardin d’enfants. Tous les gens étaient bien disposés.

J’ai un regret que nos enfants et les petits-enfants n’ont pas cette joie que nous avons vue. Cette joie a été dans la beauté de sentiments et de relations entre les  gens. Nous sommes inquiètes aujourd’hui avec la sœur où vont nos enfants et les petits-enfants. On veut les garder de ce qui est mauvais, on fait notre possible, on prie, mais tout l’espoir est en Dieu...

Pardon

J’ai élevé ma fille moi-même car je n’ai pas réussi àcréer ma famille. J’ai fait connaissance avec le père de ma fille, étant encore étudiante. Après avoir terminé l’université, je suis revenue à la campagne, il m’écrivait des lettres encore quelque temps. Comme mes parents, je suis allée travailler à mon école. Six ans après, quand je me suis installée à Minsk, je l’ai rencontré dans une rue, chemin faisant à mon travail. Nous avons commencé à nous rencontrer et, en 1985, notre fille est née.

ma fille

Il a promis de fonder un foyer, mais finalement n’a pas tenu sa promesse. Tantôt il partait, tantôt il revenait. La fille grandissait, nous avons vécu avec elle dans un foyer d’habitation. Avec l’aide de Dieu on arrivait à surmonter des difficultés. Mon frère nous aidait en partageant avec nous ce qu’il avait. Le père, a-t-il aidé sa fille? C’est moi qui l’a aidé avec l’allocation pour l’enfant quand il se trouvait dans une situation sans issue. J’avais pitié de lui...

Ayant vécu bien des chagrins, je suis venue vers Dieu. Vers ma première confession, beaucoup d’amertume pour cet homme s’est accumulée en moi. J’ai fait part de ma douleur au père André. En ce temps-là, je voulais me venger du père de mon enfant, mais père André a dit: «Il ne faut pas. Il ne faut pas non plus ni se quereller, ni juger...» Et j’ai tournécette page.

Mon service

Obédience au monastère

D’après le conseil d’une connaissance qui avait une obédience au monastère Sainte Elisabeth, j’ai commencé à venir aux causeries que menait père André Léméchonok.Le père m’a donné la bénédiction de venir aux réunions des sœurs de la Communauté de la charité, et plus tard, de venir à une obédience avec un tronc de quête. En 2005, mon obédience était celui de faire une quête au marché central de la ville. J’avais au début beaucoup de peur, mais grâce à des sœurs, j’ai trouvé petit à petit une assurance.

Les sœurs de la charité dans la ville sont un appui pour les gens. Le plus souvent, les gens viennent pour parler de leurs afflictions, ils ont besoin d’aide spirituelle. On nous remercie souvent, mais il arrive aussi autrement... Combien de fois on m’a menacé! Mais où peut-on fuir quand il n’y a personne dans le passage souterrain où je me trouvais? A des moments pareils, on ne ressent rien sauf la peur. Quand le Seigneur permet de telles tentations arriver, le prêtreconseille toujours de lire une prière. La peur s’en va et on se rend compte que le Seigneur est toujours à côté.

Un homme venait constamment et frappait sur le tronc. Il me trouvait à tout endroit, parfois il me guettait quand je revenais chez moi. Je pense qu’il est atteint d’une maladie. Il y avait beaucoup de méchanceté en lui. J’essayais de lui dire qu’il ne fallait pas faire cela, mais la situation changeait en un conflit. J’ai décidé alors de garder le silence pour ne pas entendre quelque chose de mauvais en réponse. A l’obédience j’apprenais à croire et à ne pas me décourager.

faire partie de la fraternite

Puissance de l’amour de Dieu et de la prière commune

Je suis heureuse d’être venue à la Communauté de la charité dédiée à la Sainte et vénérable martyre, la Grande Duchesse Elisabeth. En plus de la croissance spirituelle, il y a ici beaucoup de possibilités de travailler pour Dieu. La prière est plus puissante au monastère. Je suis reconnaissante à tous ceux qui ont été avec moi à l’obédience, mais au monastère on ressent particulièrementla prière commune. Tout ce que j’ai aujourd’hui de Dieu, cela est venu à moi par les prières du monastère et de mes ancêtres.

Dans la Communauté de la charité et au monastère, j’ai reçu l’essentiel que l’on peut trouver dans la vie: l’amour, la compréhension mutuelle, l’aide, l’appui. L’amour des prêtres et des sœurs me sauvait dans toutes les situations. J’ai senti ici que Dieu m’aime. L’homme vit des périodes différentes dans sa vie. Ce n’est pas toujours qu’il y a des forces de venir à la Communion, mais grâce à la prière commune je ressens un soutien spirituel.

Une fois, une des sœurs allait en congé et on m’a proposé de la remplacer durant ce temps dans une boutique située dans un marché. Je ne m’y suis pas décidée par crainte de ne pas pouvoir réussir. Pourquoi je m’en suis souvenue? La sœur qui avait l’obédience dans cette boutique, elle m’avait soutenue beaucoup à un moment difficile. Malheureusement, elle ne travaille pas maintenant au monastère à cause d’une tragédie dans sa famille et elle a dû laisser son obédience. Je me souviens d’elle et je la remercie dans mon âme. J’ai honte que pendant toute cette période, je n’ai pas trouvé le temps de lui téléphoner et de dire merci. Souvent, à cause de notre agitation, nous ne trouvons pas le temps pour des choses les plus importantes.

je me souviens

Mon raffermissement dans la foi

Une des sœurs a dit un jour: «Quand tu hésites, lis le Symbolede foi». Si on accepte le Seigneur de tout son cœur, sans hésiter, on ne sera nulle part perdu. J’ai commencé à lire le Symbolede foi et ai compris que la foi se raffermit par la prière.

Je vois maintenant des réponses à mes questions presque dans chaque ligne de la prière, dans un calendrier, dans un livre que j’ouvre, dans une homélie du prêtre – dans tout ce qui m’entoure. Je pense que je ne voyais pas de réponses avant parce que je n’y étais pas prête. Je cherchais des choses à moi, je ne voulais pas entendre ce que le Seigneur me disait. Il me semble que cela dépend de l’état d’âme de l’homme mais aussi s’il veut vraiment entendre la volonté de Dieu.

Seigneur viendra a notre aide

Étant une personne croyante, j’ai ressenti une grande différence entre les choses émotionnelles et spirituelles. Si on accepte quelque chose de façon qu’on le veut, ce sera, probablement, émotionnel. Si on arrive à lutter, à comprendre et à accepter ce que l’on ne veut pas accepter, on sera ainsi sur le chemin des choses spirituelles. Monter sur une autre marche on peut seulement par la voie de raffermissement de la foi. La foi est un grand travail. Si on fait des efforts, le Seigneur donnera obligatoirement ce don.

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