La recette du bonheur de la sœur Hélène

2 décembre 2021

Helene Dubovik

La sœur de charité Hélène Dubovik travaille dans le magasin du monastère. Chaque jour, elle entend parler des joies et des peines des gens et considère comme un devoir de leur remonter le moral. La sœur a une attitude positive envers la vie grâce à son obédience au Centre national de santé mentale et au Centre de pneumologie: la communication avec des personnes gravement malades l’a aidée à comprendre qu’il faut apprécier chaque instant de la vie et être reconnaissante à Dieu pour tout.

Nous vivons si quelqu’un nous aime

En 1998 j’ai commencé à fréquenter les rencontres du père André Léméchonok avec les paroissiens de la cathédrale Saints-Pierre-et-Paul. Là, on m’a proposé de rendre visites aux patients du Centre national de santé mentale. J’ai reçu la bénédiction du père André et je me suis mise à la tâche.

Je n’éprouvais pas de peur ni gêne à l’hôpital; la grâce Divine y était à l’œuvre. Cependant, j’ai remarqué que les patients y étaient très tristes. Il y avait un piano dans le service, il y avait des patients qui jouaient de l’instrument. Nous avons donc commencé à chanter ensemble des chansons pour enfants et cela nous apportait de la joie. Ces chansons leur ont probablement rappelé leur enfance normale et heureuse. Nous avons prié, chanté, lu, écrit des intentions de prière pour leurs proches. Quelle joie les patients avaient quand ils se souvenaient des noms de leurs proches: on oublie un nom, on s’inquiète, puis on se souvient et s’écrie : ‟Oh! Je me suis souvenu!”

À l’hôpital, j’ai vu à quel point l’amour nous manque à tous. Après tout, les malades vivent grâce à la chaleur de ceux qui les aiment. Quand tu sais que quelqu’un t’aime, tu vis, tu supportes toutes les épreuves.Je voulais qu’ils sentent à quel point Dieu les aimait. J’ai vu comment l’amour et la grâce de Dieu ont ranimé les cœurs de mes protégés. Beaucoup ont commencé à venir à la confession et à la communion. Je pense que chaque génération a ses épreuves: des guerres, des répressions, alors que nous sommes plutôt soumis à des maladies. Il faut l’accepter, être patients et aider nos prochains.

Andre lemeshonok a l hopital

Penser aux autres rend nos chagrins plus faciles à supporter

Plus tard, j’ai aussi commencé à rendre visites aux patients du Centre de pneumologie. Ils y arrivaient de différentes villes, leurs familles ne pouvaient pas venir les voir souvent. Les malades prennent des antibiotiques pendant des mois, leur appétit est faible, ils sont dégoûtés de la nourriture de l’hôpital, mais pour survivre, il faut bien manger. J’ai donc essayé de les aider. Je leur apportais souvent de la nourriture faite maison. Parfois c’est eux qui me donnaient à manger quand je venais après le travail. Ainsi, en prenant soin les uns des autres, nous nous réjouissions de la vie ensemble.

J’ai vu combien il est important pour les gens d’accepter leur situation. Si on le fait, on cesse de s’énerver et de paniquer, on commence à voir les autres et à les aider. Et si vous aidez votre prochain, vous aidez vous-même.Les occasions de le faire sont nombreuses − passer un mouchoir quand une quinte de toux commence, offrir à manger, ouvrir la fenêtre pour amener de l’air frais quand on a des difficultés de respiration. Je disais aux malades tuberculeux: ‟C’est dur d’être malade mental; quand on ne comprend pas ce qu’on a dans sa tête, c’est pénible. Je parlais aux patients de l’hôpital psychiatrique des problèmes des personnes atteintes de tuberculose. Les uns et les autres m’écoutaient attentivement: ‟Nous pensions être les seuls à souffrir”. C’est ainsi que penser aux autres rend nos chagrins plus faciles à supporter.Il est aussi important de donner à l’autre la possibilité de recevoir la grâce du Seigneur. Il s’en réjouira et se rétablira plus vite.

Soeur Helene Dubovik

Dieu nous donne la force

À l’hôpital, j’apprenais à connaître Dieu et ma joie était infinie. J’apprenais à garder le calme dans toutes circonstances, à me maîtriser et à ne pas m’énerver, car je voyais la situation des autres. J’ai vu que Dieu contrôle tout, Il détient tout. Par moments, cela peut être très difficile: je me sens faible, ma tête se fend. Mais je sens toujours clairement l’aide de Dieu. Dès que j’arrive à l’hôpital, je me sens pousser des ailes. J’en reviens et chaque lanterne me rend heureuse. Je trouve des mots d’encouragement et de réconfort −  c’est aussi l’action du Seigneur qui donne à chacun ce dont on a besoin.

Le don de Dieu pour moi personnellement, c’est que je me sens vivre quand j’accomplie mon obédience. C’est ça, la vie − se réjouir avec ceux qui se réjouissent, pleurer avec ceux qui sont tristes. C’est ça, l’amour − faire ou dire quelque chose de bon à quelqu’un. Il est important de remonter le moral des gens, alors ils feront face à toute situation; c’est bien dangereux de dire ‟Je n’ai pas le temps”. Je vois le monastère et la communauté des soeurs comme des personnes qui me sont chères. On communique plus avec les unes et moins avec les autres, mais nous sommes toutes membres du même corps.

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