La rencontre avec l’éternité et la seconde naissance d’Igor Kobzev

12 juillet 2021

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‟Je me trouvais au carrefour de la vie et de la mort”, raconte Igor Kobzev qui n’a pas été épargné par l’épidémie de coronavirus. Les médecins considèrent son rétablissement comme un véritable miracle. Il parle de sa lutte contre la maladie, du pouvoir de la prière, de l’aide de Dieu, et de la façon dont sa vision de la vie a changé depuis sa seconde naissance.

Le supplice

L’été dernier, j’étais en voyage d’affaires au Kazakhstan, dans la ville de Nur-Sultan. A cette époque, la pandémie a éclaté. Je suis tombé malade et, avec un diagnostic de COVID-19, j’ai été hospitalisé à la clinique des maladies infectieuses de la ville. A un certain moment, j’ai réalisé que je ne pouvais plus respirer moi-même, j’ai été transféré aux soins intensifs.

Il était impossible de respirer. C’est très effrayant. On a l’impression d’être couché au fond d’un lac, attendant d’être sorti pour respirer. Mais personne ne vous sort de là. J’avais l’impression que mes bras et mes jambes étaient cassées, que ma nuque et mes yeux étaient sur le point d’éclater. C’était une douleur au-delà de l’endurance humaine, je ne sais pas comment je l’ai supportée, je ne suis pas un héros.

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À un moment, je me suis senti encore pire. Les médecins ont tenu une consultation et ont décidé qu’il fallait doubler ma dose de médicaments. Cependant, il y avait un risque que la pression augmente et que mon cœur ne puisse pas la supporter. On m’a donné 1% de chance de survie. Les médecins n’avaient d’autre choix que d’injecter le médicament et d’attendre.

Ma tension restait à 229 sur 179 malgré les efforts des médecins pour la baisser. Le soir, le docteur est venu me voir, il ne pouvait retenir ses larmes. Il a dit: ‟Igor, nous avons fait tout ce que nous pouvions, mais si votre tension n’est pas normalisée d’ici demain matin, nous devrons vous déconnecter. Allongez-vous sur le ventre et essayez d’imaginer votre tension de 120 sur 80. Peut-être que cela fonctionnera”.

Entre la vie et la mort

Le virus était impitoyable: autour de moi, les patients mouraient les uns après les autres, malgré l’héroïsme des médecins et toutes les mesures prises. Effrayé, et je me disais sans cesse: ‟Je vais vivre, tout va s’arranger”. Je n’ai pas admis la pensée que je mourrais.

Parfois, tout de même, je commençais à m’apitoyer sur mon sort: ‟C'est fini, Igor, tu n’as aucune chance, abandonne, tu ne vivras pas pour voir tes petits-enfants, tu n’as pas fait beaucoup de choses, Dieu t’a donné une chance et tu ne l’as pas réalisée”. Mais j’ai vite compris que cela ne m’aiderait pas, et je me suis promis de me battre. J’ai commencé à imaginer comment je quitterais l’hôpital, comment je vivrais après, comment j’élèverais mes petits-enfants, comment je servirai ma famille, mes proches et tous ceux qui sont dans le besoin.

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J’ai toujours été croyant, j’essayais d’aller à l'église tous les dimanches. J’ai eu une grand-mère croyante, elle avait prié tous les offices à genoux. Je me suis donc imaginé à l’office dans l’église où ma grand-mère m’avait emmené dans mon enfance, je me figurait les icônes et demandait de l’aide des saints. Plus tard j’ai appris que toute la paroisse priait pour moi: les prêtres, les paroissiens, ma femme, ma mère, tous mes proches et amis. Après un certain temps, j’ai soudainement ressenti une disparition totale de la douleur. Une paix et un silence complets. Rien ne me fait mal, je respire calmement, je me tourne à gauche, à droite - tout est noir comme la nuit, seuls mon voisin et moi, nous sommes brillamment colorés sur ce fond.

Je regarde mon voisin et je lui demande: ‟Pourquoi es-tu sans masque?” Lui, il me regarde et me demande: ‟Et toi, pourquoi tu portes le masque?”, mais moi, je ne sais pas. Cet apaisement a duré, probablement, 20 secondes. Nous ne comprenions pas où nous étions.

Et soudain, j'ai éprouvé une peur surhumaine, que jusqu’à présent je n’arrive toujours pas à exprimer ni à oublier. J’ai senti que les démons étaient venus chercher mon voisin et qu’ils déchiraient son âme. Je ne l’ai pas vu, je l’ai senti. Je ne sais pas ce que cet homme a fait dans la vie, quel est son nom, mais il s’est définitivement noyé dans un monde de ténèbres. J’étais paralysé par la peur.

entre la vie et la mort

Un instant après, cependant, j’ai été transporté dans une autre dimension. Je sentais que c’était un monde de bien, de lumière. C’était très bien là-bas. J’ai vu mes proches décédés – mon père, le père de ma femme, mon grand-père. Ils me regardaient et souriaient. Seul mon père me regardait d’un air inquiet. J’ai compris plus tard qu’il était très déçu que je sois venu là-bas si tôt.

Je me suis retourné et j’ai vu ma grand-mère descendre de quelque part au-dessus, en vêtements blancs.

Elle s’est approchée de moi et m’a dit: ‟Tourne-toi”. Je me suis retourné et j’ai vu derrière moi quelque chose comme un ciel étoilé avec des lumières clignotantes. ‟Tu vois, une lumière a clignoté? Quelqu’un a allumé un cierge avec la prière pour toi. En vois-tu une autre qui clignote très fort? – c’est que beaucoup de gens avec des prêtres et des moines prient pour toi - nous pouvons le voir ici”. La prière dans les monastères et les églises est un appel direct à Dieu, la prière de l’Église est toujours entendue. Ma grand-mère m’a dit: "Serre le poing de façon à ressentir la douleur. Quand tu le serres, tu vis. Si tu l’ouvres, tu mourras." Alors je l’ai fait et j’ai ouvert les yeux.

Le gars qui était avec moi était mort. J'ai réalisé avec horreur dans quel monde il était entré. C’est un monde sombre, c’est l’enfer. Tout le monde a couru vers moi en criant: ‟Kobzev est revenu! Il est de nouveau vivant!” Et moi, j’ai serré le poing et je ne l’ai plus rouvert jusqu’à ma sortie des soins intensifs.

La seconde naissance

Le matin est venu. Mes jambes étaient engourdies, mes bras étaient raides, j’avais des crampes et je ne sentais plus mon corps. Mais je n’arrêtais pas de répéter: ‟120 sur 80”. Enfin j’entends le médecin s’approcher. Il dit: ‟Relevez Kobzev, enlevez le masque, coupez l'oxygène.” On le fait et ma tête tombe sur ma poitrine parce que j’ai une crampe au cou, je sens que je respire encore, et je pense que c’est mon dernier apport d’oxygène. On me soulève le menton et je vois un écran avec les chiffres 130 sur 90. Les infirmières et les médecins pleurent. Je suis en vie!

recuperation du coronavirus

Après ma sortie de l’hôpital, j’ai eu une longue période de réhabilitation au Kazakhstan. Vers l’automne, je suis rentré chez moi, où j’ai également suivi un cours de réhabilitation. Chaque matin, je me réveille avec un sourire et je dis: ‟Merci, Dieu, de me permettre de me réveiller aujourd’hui, de marcher, de respirer”. J’ai commencé à ne voir que le bien dans les autres, car tous sont créés à l'image de Dieu. Je voudrais que les gens profitent de mon expérience et en tirent des conclusions: le paradis et l'enfer existent, nous sommes responsables de notre vie terrestre. Faites du bien! Là, au carrefour entre le paradis et l’enfer, nous serons jugés sur nos actes. On ne nous demandera rien. Tout sera clair instantanément - ce qu’on a fait de bien et ce qu’on a fait de mal. Pour moi, la chose effrayante n’est pas de mourir, mais d’entrer dans le sombre monde. Ne décevez pas notre Créateur, Il veut vraiment que tous les gens aillent au paradis.

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