La soeur Galina: ‟Le monastère est ma famille”

11 mai 2022

la soeur galina

Galina Zyz est une soeur de la communauté en l'honneur de la sainte martyre grande duchesse Elisabeth depuis 17 ans, dont plus de 15 ans elle accomplit son obédience dans une des agences funéraires de la ville. Chaque jour, la sœur soutient des personnes souffrant d'une perte irréparable. La soeur Galina nous a parlé de son obédience, des rencontres qui l'ont fortifiée dans sa foi et de son expérience de croissance spirituelle.

Qu'est-ce qui, dans votre obédience, vous semble difficile, qu'est-ce qui, au contraire, vous donne de la force et de l’espoir?

La première fois que j'ai été dans une salle de cérémonie funéraire, c'était bien avant la communauté de soeurs, quand mon père est mort. Je me souviens avoir vu une grande icône du Sauveur, je suis restée un long moment à la regarder. Quand on m'a béni pour mon obédience dans une agence funéraire, je n’ai pas protesté.

Lorsqu'une personne en deuil vient vers moi, je dois la soutenir et l'aider à rendre hommage à son proche de manière chrétienne. Je suis dans la communauté de soeurs depuis 17 ans, mais je m'inquiète toujours quand je vais à la salle funéraire. Je me sens responsable et je demande au Seigneur de me donner la bonne parole pour les gens. Il est important de ne blesser personne avec un mot.

la soeur galina interview

Parfois, on rencontre des gens dont on se souvient longtemps, dont la beauté se cache derrière l'apparence, mais le Seigneur voit le cœur. En voici un exemple récent. Je travaille à partir de 9h30, et l'équipe de nuit termine à 9h00. Quand je suis arrivée à l'agence, un employé m'attendait pour demander la prière pour une défunte. Imaginez, un homme avait travaillé la nuit et était resté pour demander la prière pour l'âme d'une étrangère.

Avez-vous ressenti la présence de Dieu dans votre obédience?

J'ai souvent remarqué: lors des funérailles, il arrive que l'on s'agite, que le temps manque, que rien ne marche bien. Dans d'autres cas, tout est calme, il s'avère que la personne décédée était croyante. Parfois, dans ces circonstances pénibles, la lumière émane des gens, on dit: "Dieu merci, ma mère s’est confessée hier". Les chrétiens sont calmes, ils savent qu'il y aura la réunion.

Je me souviens d'un homme, un neurochirurgien. Son ex-femme et ses deux enfants ont été tués dans un accident. Ses paroles sont encore dans mon cœur: "J’entre dans la salle d'opération et je sens que le malade est un croyant et que l’on prie pour lui. Je pense que ce n'est pas par notre perception humaine, mais c'est Dieu qui révèle le mystère, qui montre le fil qui nous relie".

reunion des soeurs

Parfois, nous rencontrons des personnes qui nous conduisent à la foi ou la renforcent. Y a-t-il eu une telle rencontre dans votre vie ?

Quand j'étais enfant, je rêvais de devenir professeur, d'apprendre l'espagnol, mais j'ai commencé à travailler dans le commerce. Il y avait une femme âgée dans notre équipe dont on disait qu’elle était très croyante. Elle s'est avérée être une personne d'une foi profonde.

Elle était une personne indispensable dans l'équipe. Tout le monde venait lui demander son conseil. Elle disait toujours la vérité aux gens, mais elle le faisait avec tant d'amour que personne n'était offensé. Elle était toujours concentrée et attentive, aidait tout le monde. Le Seigneur était en elle.

Je me souviens que l’on lui a volé son porte-monnaie et qu'elle regrettait de ne pas avoir fermé son sac et d'avoir donné l’occasion de pêcher au voleur. Une autre fois, elle a laissé son fauteuil sécher dans la cour. En voyant par la fenêtre quelqu’un le charger dans la voiture, elle a dit: ‟Il en a probablement plus besoin”. C’est elle qui m’a guidée vers Dieu et qui m'a dit au sujet de mon obédience dans la salle funéraire: ‟Ne choisis pas ‒ fais ce qui t’a été assigné. Prie et demande au Seigneur de t’aider à tenir jusqu’à la fin”.

icone de sainte elisabeth

Votre engagement dans la communauté des soeurs a-t-il influencé votre vie spirituelle?

J'ai réfléchi à ce qu'est une soeur de charité. Pour moi, c'est une personne qui se consacre au soin des malades. Ce sont les vraies sœurs de charité. Je ne me considère pas comme l'une d'entre elles.

Je me souviens de situations où je voyais quelqu’un qui avait besoin d'aide et que je pouvais aider. Pourquoi ne le faisais-je pas parfois? Pas parce que je ne voulais pas, mais parce que j'avais honte... J'avais peur d'offenser les gens, de les embarrasser. Je m'inquiétais de l’opion des autres. Maintenant, j'agis différemment. Je ne me soucie plus de ce que l’on penserait de moi. Je dis: "Aide-moi, Seigneur", et je vais faire ce qu’il faut.

J’apprécie l’ambiance familiale que je retrouve chaque fois que je viens dans le monastère. Pendant la réunion, je regarde le prêtre et les sœurs, et je réalise qu’ils sont tous ma famille. Nulle part ailleurs je n'ai ressenti une telle unité. Je sors de l’église après la confession et je vois la beauté tout autour, mon âme est pleine de joie! Je prie toujours la patronne céleste du monastère, sainte Elisabeth, et sainte Barbara. Je vais au monastère dans la joie comme dans la peine. Je n'ai jamais eu un moment où j’aurais voulu quitter l'obédience et la communauté. Quand j'entends les sœurs dire que de telles pensées leur viennent, je me souviens des mots: "Prie pour tenir jusqu'à la fin".

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