Le jugement de l'amour non partagé

27 février 2022

Le- souvenir du Jugement dernier

Le dimanche du Jugement dernier marque le début d'une nouvelle semaine du petit Carême orthoxe. Qu'est-ce que nous appelons le Jugement dernier?

Nous sommes habitués à parler de tout en termes terrestres, alors nous imaginons le plus souvent le Jugement dernier comme un tribunal, un instrument pour punir ceux qui ont enfreint la loi. Nous attendons donc la même chose de Dieu, surtout lorsque nous sommes témoins d'une injustice. ‟Où est Dieu? Pourquoi n'intervient-Il pas?”– nous exclamons-nous.

Mais Dieu ne nous guette pas pour exercer Son pouvoir. Il est notre Père qui nous aime, Il agit donc différemment, même au Jugement dernier. Pour comprendre cela, imaginons une personne qui nous a consacré sa vie, qui n'a jamais refusé de nous aider. Soudain, elle n'est plus là, et nous nous disons alors, désespérés: "Je n'ai même pas eu le temps de remercier, de lui dire les mots les plus importants!" Nous regrettons ne pas avoir répondu à l'amour. Notre conscience nous tourmente. De même, le jugement de Dieu ne nous condamne pas à l'emprisonnement ou à de terribles maladies ‒ c’est que la souffrance sera causée par cet amour auquel on n'a pas répondu, et aussi par le fait qu’on ne peut rien changer.

Comment pouvons-nous répondre à l'amour de Dieu? Le Seigneur nous l'explique dans la parabole du Jugement dernier (cf Matthieu 25 31-46 ): vous voyez quelqu'un qui a faim, il vous regarde avec espoir ‒ c'est Moi qui vous regarde. Quelqu’un qui est malade et qui demande de l'aide? ‒ C'est Moi qui en a besoin. Cet homme en prison, il est solitaire ‒ voyez-Moi en lui. Le Seigneur ne nous appelle pas seulement à faire l'aumône, mais surtout à Le voir dans notre prochain. Nous répondons à Son amour quand nous cherchons l’union avec Lui, car c'est ce qui fait de nous Ses enfants. Saint Jean Climaque a écrit que nous ne serons pas jugés pour ne pas avoir fait de miracles ou proclamé de prophéties, mais nous serons condamnés pour ne pas nous être repentis de nos péchés, c’est-à-dire pour ne pas avoir répondu à l’amour de Dieu.

Le souvenir du Jugement dernier ne doit pas susciter en nous la crainte d'un châtiment sévère, mais l’aspiration à l'union à Dieu, la confiance en Son amour et le désir d'y répondre par la compassion, l'amitié et miséricorde envers nos prochains. Puissions-nous voir Dieu dans ceux qui ont besoin d’aide ou qui souffrent de solitude. Soyons reconnaissants envers ceux qui sont à nos côtés sans considérer leur soutien comme une chose habituelle et évidente. Que notre Père céleste, par Sa miséricorde et Son amour nous aidera à mener une vie digne d'un chrétien.

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