Rencontrer Dieu et Le garder dans nos cœurs

2 juin 2021

Le garder dans nos coeurs

Le temps pascal continue. Aujourd'hui, nous célébrons la rencontre avec Dieu d'une pécheresse repentie, la Samaritaine. Elle est venue puiser de l'eau à midi, alors que personne d'autre n'était au puits. Elle est arrivée au moment le plus chaud de la journée. Elle ne voulait rencontrer personne qu'elle connaissait parce qu'elle avait honte. Elle avait péché, mais elle a rencontré Dieu, et c'était un miracle. D'autres ont peut-être péché autant qu'elle, mais ils ne L’ont pas rencontré. Toute sa vie l'avait préparée à cette rencontre, et elle l'a transformée en profondeur.

Les Pharisiens n'ont pas rencontré Dieu, bien qu'ils paraissent plus justes et semblent avoir moins péché. Pourtant, ils ne pouvaient pas accepter le Christ. En Le laissant entrer dans leur vie, cela auraient secoué leurs fondements, remis en cause leurs idées de bonté et remis en question les principes de leur vie. Ils auraient dû se repentir et demander pardon. Cette transformation n'était pas pour eux et ils ont donc choisi d'envoyer le Christ à la mort.

La Samaritaine s'est repentie et elle a rencontré Dieu. De même, certaines personnes rencontrent Dieu à l'église lorsqu'elles se repentent de leurs péchés dans une confession pleine de larmes. Être témoin d'une telle rencontre est une véritable bénédiction.

Cependant, à mesure que le pénitent s'habitue à la vie de l'église, qu'il visite d'autres monastères et lieux sacrés, qu'il lit des livres, l'effet de cette rencontre capitale s'estompe. Il ne pleure plus lors de sa confession et ne doute plus de sa mérite de recevoir le corps et le sang du Christ en lui. Il est sûr de s'être réformé et de ne plus pécher autant qu'avant.

Maintenant, certains laïcs aiment à répéter : "Si vous ne péchez pas, vous n'avez rien de quoi vous repentir." Ont-ils raison ? Certainement pas. Nous ne pouvons pas nous permettre de tomber dans le péché pour nous en repentir plus tard. Comme l'a dit une moniale, nous aurons un prix élevé à payer pour cela.

Sinon, comment pouvons-nous garder la grâce de Dieu une fois que nous L'avons rencontré comme la Samaritaine ? Les circonstances de notre rencontre peuvent être différentes, tout comme nos états intérieurs, mais ce qui compte le plus, c'est la façon dont cette rencontre change nos vies et combien nous pouvons maintenir l'élan de ce changement. Dieu est toujours près, mais nous pouvons Le rencontrer en Lui ouvrant notre âme, en Le laissant pleinement entrer dans notre vie ayant besoin réel de Lui. Pourtant, trop souvent, nous continuons à nous dire : "Je vivrai encore un peu sans Dieu". Et nous continuons à vivre ainsi. Nos prières ne sont pas meilleures et notre repentir n'est pas plus sincère que notre vie sans Dieu.

Sérieusement, être un chrétien est une chose dangereuse à notre époque, et je n'exagère pas. C'est peut-être même pire que d'être traité d'extrémiste ou de terroriste. Un chrétien doit avoir le courage d'aller à l'encontre de la coutume et de la sagesse de ce monde, même si cela peut lui coûter sa vie terrestre. Il ne vit plus dans la chair, mais en Dieu et dans Sa grâce.

Pour choisir une vie en Dieu plutôt que sa vie sur terre, il faut avoir la volonté et la détermination de résister à la folie de ce monde. Imaginez un peu : des pays entiers et des sociétés humaines ne sont plus jugés sur la façon dont leurs habitants prient, s'humilient, s'aiment et se respectent les uns les autres. Au lieu de cela, les pays affichent leur richesse globale, leur PIB, leurs revenus, leur force militaire et autres réalisations visibles. La force fait le droit!

Le monde nous dit de vivre pour notre plaisir. Je connais quelqu'un qui avait des problèmes de relations avec son épouse. Il est allé voir quelqu'un qui se disait psychologue et a reçu ce conseil : "Trouvez quelqu'un de plus jeune, ajoutez de la fraîcheur à votre vie personnelle. Montrez à votre femme que vous tenez une distance et elle voudra vous reprendre. Votre famille restera unie !" Oubliez l'examen de conscience, le changement intérieur, le besoin de se repentir et de se transformer. Ce n'est pas la peine de travailler dur. Faites-le de la manière la plus facile!

Nous devons cesser de nous bercer d'illusions en s’imaginant de lointains pâturages du paradis sur cette terre. Aucun argent ou effort personnel ne nous y conduira sans Dieu. Sur cette terre, nous avons une vie que nous méritons ou peut-être même une meilleure.

Pourtant, nous cherchons le Royaume de Dieu, la Jérusalem Céleste, et notre voyage pour y arriver commence dans nos cœurs. Laissons l’Esprit de Dieu y entrer et, ce faisant, aidons nos proches et nos prochains. Nous pouvons partager la grâce de Dieu que nous avons reçue à l'église aujourd'hui avec tous ceux qui en ont très peu et qui la désirent ardemment. À quoi servent toutes les richesses d'un homme riche s'il n'y a pas de vie dans son âme?

Vivre en Dieu nous donne la liberté d'être nous-mêmes. Alors, jetons nos masques en devenant plus des personnes vraies et sincères. Cessons de nous cacher derrière nos masques, avouons nos fautes et reconnaissons que nous avons besoin de nous transformer. Nous avons besoin d'air frais, de la prière, de la parole de Dieu et de Sa bénédiction. Ce sont les seuls remèdes aux faiblesses de notre âme; parce que les faiblesses de l’âme sont plus destructrices que la pandémie.

Dieu est miséricordieux. Quelle que soit la gravité de nos faiblesses ou la faiblesse de notre âme, Il nous attend venir à Sa rencontre. Continuez donc à venir à l'église pour chercher la vie éternelle et pour en parler. Continuons à venir vers le Calice. Disons-Lui encore et encore : "Je suis le pire de tous les pécheurs et Tu es venu me sauver."

Nous devons suivre le Christ, mes chers frères et sœurs, et devons le faire malgré tout. N'ayez pas peur de défier la sagesse de ce monde. Comme l'ont dit les Saints Pères, "aimez Dieu et agissez librement". Que ce conseil direct soit notre guide dans la vie et notre source de courage. En Christ, il n'y a ni Juif ni Grec, il n'y a ni esclave ni homme libre, il n'y a ni homme ni femme. Nous allons dans Son Royaume où rien ne sera à toi ou à moi, mais où tout sera à Dieu.

Il y a encore beaucoup de batailles à mener, mais la victoire sera la nôtre. L'Évangile nous dit : " N'ayez pas peur ". Que notre Seigneur nous aide à vivre ce dimanche sans péché.

Le Christ est ressuscité. Vraiment, il est ressuscité!

Archiprêtre André Léméchonok

Articles associés
Comment