Une terre arrosée de larmes et de sang

9 septembre 2021

historique du Novinki

Le lieu sur lequel tu te tiens est une terre sainte

(Exode 3 :5)

Ungrain semé par Dieu tombe dans la terre et donne une pousse. Il est semé en son temps, lorsque le sol est prêt.

La terre sur laquelle se dresse le monastère Sainte-Elisabeth a été travaillée pendant des centaines d’années, arrosée de larmes et de sang. En 1999, avec la bénédiction de Son Éminence le métropolite Philaret (Vahromeyev), les premières sœurs ont décidé de consacrer leurs vies à prier pour ceux qui sont allés d’ici vers l’éternité, pour ceux qui souffent et cherchent Dieu maintenant. ‟Je comprends pourquoi il y a une telle magnificence ici”, a dit Sa Sainteté le Patriarche Alexis II lors d’une visite au monastère en 2008, ‟il y a beaucoup de chagrin ici”.

hopital psychiatrique pendant la guerre

Le propriétaire de ce terrain dans les années 1910 était Fyodor Mikhailovich Vernikovsky, un hydrotechnicien en drainage des marais. Il a participé à l’expédition visant à assécher les marais de Polésie et à irriguer le sud de la Russie; il a travaillé en Sibérie, en Mandchourie, dans le Caucase, sur les rives des mers Noire, Baltique, Méditerranée et Caspienne, en Europe, dans certaines régions d’Asie, en Égypte, en Turquie et en Amérique et a servi dans la fonction publique pendant 34 ans. Au début de la Première guerre mondiale, Fyodor Vernikovsky a été contraint à vendre sa propriété dans la région de Minsk. Le terrain a été acquis par l’administration de Minsk pour la construction d’un hôpital militaire. À cette époque-là les Allemands ont eu une nouvelle arme − ils ont attaqué les positions russes avec des gaz toxiques. Le chlore provoquait des empoisonnements, dans de nombreux cas mortels, et des troubles mentaux. L’hôpital allait être destiné à soigner les soldats qui avaient souffert des attaques au gaz allemandes. Cependant, Minsk est devenue une ville de première ligne, le siège du front occidental était situé là et, en raison de la loi martiale, la construction n’a pas commencé.

ancienne carte de minsk

Après les événements de 1917 et la signature du traité de paix de Brest par le gouvernement soviétique, 40 vétérans de guerre handicapés ont été hébergés là, à Novinki, et en décembre 1918, la Colonie pour les personnes atteintes de troubles psychiques chroniques a vu le jour; elle deviendra plus tard l’Hôpital psychiatrique républicain.

Semyon Volochkovitch, medecin-chef de la colonie, pratiquait l’ergothérapie (la thérapie par le travail): les patients travaillent aux champs, à la menuiserie et à la réparation des chaussures. Ils ne reçevaient pas de médicaments, en raison de leur absence. Vers le début de la Grande Guerre patriotique, la colonie comptait 350 patients, c’était une ferme avec un jardin, un potager,des serres,un rucher et un troupeau de vaches. Le 25 juin 1941, le village de Novinki a été occupé par les Allemands. En août 1941, le Reichsführer SS Heinrich Himmler a effectué une visite d’inspection à Minsk. Après cette inspection, en septembre-novembre 1941, les patients de l’hôpital qui n’ont pas été ramenés chez eux par leurs proches ont été asphyxiés par le gaz. Environ 200 personne ont été tuées, avec les médecins qui avaient été libérés mais qui ont refusé de quitter leurs patients.

fascistes a Minsk

Après la guerre, l'hôpital a poursuivi son travail. Au milieu des années 1990, il était déjà un grand centre républicain, traitant plus de 10 000 personnes par an, avec deux internats psychoneurologiques− pour adultes et pour enfants. Le monastère a été érigé près des murs de l’hôpital, et les sœurs ont pris les malades sous leur tutelle spirituelle; encore plus tard les deux centres d’hébergement du monastère ont été créés pour accueillir ceux qui n’ont d’autre recours que Dieu.

Les tempêtes de notre vie font rage, mais le grain semé par Dieu pousse et de nouvelles feuilles vertes, et ensuite des branches, surgissent. Fais-le croître, Seigneur, pour en faire un arbre, de sorte que les oiseaux du ciel viennent habiter dans ses branches (Mt 13 : 32).

Articles associés
Comment