Voir Dieu et lutter pour la liberté en suivant Sa voie

30 juillet 2021

homelie procession

Aujourd'hui, c'est la dernière liturgie dominicale dans la période pascale, et bientôt nous célébrerons l'après-fête de la Pâques. Inévitablement, il y aura un peu de tristesse ce jour-là. Il n’y aura plus de processions de la croix où on chante la gloire de Sa résurrection, Son don de la vie éternelle et Sa victoire sur la mort. Néanmoins, nous anticipons la fête de l'Ascension de notre Seigneur et la fête de la Sainte Trinité en suivant le Christ. Ces grandes fêtes et périodes de la vie de l'Église ont une grande signification pour nous. Nous devons tous apprendre à reconnaître leur sens et les laisser guider nos vies, notre croissance dans l'esprit et notre progression vers notre salut.

C'est le dimanche de l'aveugle. L'aveugle de l'Évangile a rencontré Dieu qui lui a donné la capacité de voir. L'aveugle s'est mis à genoux devant Lui et puis L'a suivi. Nous sommes tous comme cet aveugle de l'Évangile. Nous sommes nés dans un monde de péché et le péché nous a fait perdre notre capacité de voir et de sentir. Nous avons fui Dieu et avons vécu dans la crainte les uns des autres. Le péché nous rend anxieux et nous fait craindre que quelque chose de grave peut arriver à tout moment.

Comme l'aveugle de l'Écriture, nous faisons de gros efforts pour ouvrir nos yeux et voir Dieu. Mais lorsque nous y parvenons, nous subissons une forte pression du monde qui veut nous les refermer. L'aveugle a entendu beaucoup de choses de la part des Pharisiens au sujet de sa guérison. Ils disaient qu'elle n'était pas conforme à la loi du sabbat et qu'elle ne venait pas de Dieu. Ils ont dit que c'était l'œuvre d'un charlatan, et non d'un saint ou d'un prophète.

Le monde est jaloux. On trouve Dieu et on commence à ne plus donner beaucoup de valeur aux trésors du monde - argent, richesse, pouvoir, orgueil et bien d'autres choses encore. Pourtant, le monde est prêt à tout pour nous empêcher d'abandonner ses trésors pour l'amour de Dieu. Ainsi, comme l'aveugle, nous entendons beaucoup de gens dire : "Tu dois être fou! Regarde-toi! Vous êtes un paquet de nerfs! Quand avez-vous vu votre psychiatre pour la dernière fois?" Ce genre d’opposition est bien réel pour quelqu'un qui a sincèrement cherché Dieu et qui va Le rencontrer.

L'aveugle a vu Dieu, et il a retrouvé son vrai «moi». Avant ce moment, il allait là où on lui indiquait, mais après cela, il réfléchissait lui-même et posait des questions. La capacité de voir lui a apporté la liberté. Il ne suivait plus l'exemple des autres. Il écoutait sa conscience. Il s'est rendu compte de l'impossibilité de vivre comme avant. Voir Dieu nous apporte la liberté, comme c’était le cas de l'aveugle, mais aussi nous demande des efforts d'entendre la voix de notre conscience, de changer notre vie, de nous libérer de la norme que le monde avait établie pour nous.

Il y a une guerre en cours, une guerre pour nos âmes. Le monde accorde de la valeur au corps, à ses soins, à sa nourriture, à ses vêtements et à sa guérison. Le corps est cher, mais dans le monde, qu'est-ce qui pourrait être moins cher que l'âme ? Lorsque nous retrouvons notre vision et trouvons Dieu, nous nous exclamons : "Qu'avons-nous fait avant? Nous avons pris soin de notre corps, mais nous avons négligé la nourriture de notre âme!" À ce moment-là, nous commençons à changer notre façon de vivre et à affronter les coutumes de ce monde.

Historiquement, la guerre pour nos âmes a pris de nombreuses formes. Il a été un temps où les chrétiens étaient poursuivis et mis à mort physiquement. A d'autres moments, ils ont dû lutter durement contre des hérésies qui gagnaient de nombreux cœurs. Trop souvent, le monde et ses coutumes séculières pénétraient dans l'Église. L'empereur venait à l'église, allumait des cierges et faisait le signe de la croix; tous les autres faisaient de même, mais la vie de l'esprit s'éteignait. C'est alors que les plus dévots allaient pratiquer l’ascèse dans les déserts et fonder des monastères. C'est ainsi que commence l'histoire du monachisme. Extérieurement, l'Église est aujourd'hui dans une meilleure position, ce dont nous devons être reconnaissants. Mais nous devons nous rappeler à tout moment que l'Église ne se résume pas à ses coupoles dorées et à ses belles icônes. Ce sont nos précieux trésors spirituels, mais notre richesse la plus désirée a toujours été les gens - leurs yeux, leurs pensées et leur liberté, la liberté intérieure de l'homme.

J'espère que vous avez tous compris maintenant la signification profonde du dimanche de l'aveugle-né. L'exemple de l'aveugle nous appelle à ouvrir les yeux. Il montre également à quel point il est difficile de les garder ouverts. Certains d'entre nous pourraient souhaiter se dire: "Laissez-moi devenir aveugle. Je ne m'en soucie pas. Je vais m'occuper de mes affaires et rester à mon aise." Cette attitude est très répandue, mais elle est erronée. Aucun chrétien ne peut fermer les yeux après avoir rencontré Dieu. Les chrétiens ne peuvent pas se laisser aller à l'indifférence. Ils ne peuvent pas agir selon le principe "Faites comme les Romains".

Nous devons adopter le point de vue chrétien pour gagner notre liberté. La liberté signifie parler le langage de l'esprit et non celui de ce monde. Être libre signifie aller à contre-courant pour faire ce que le Christ nous enseigne. Cela signifie rester avec Lui jusqu'au bout, même lorsque tous les autres L'ont abandonné. Par Son exemple, Jésus nous a montré le sens de la vraie liberté. Ligoté, battu, le sang coulant de Ses plaies, Il s'est tenu devant Pilate, l'un des puissants de ce monde, et a dit : "Tu n'as aucun pouvoir sur Moi!". Nous ne devons pas concéder une seule parcelle de cette liberté ou l'échanger contre une quelconque somme d'argent ou une richesse du monde.

Dans ce combat pour nos âmes, la prière est notre arme. Comme le commandait Saint Jean Climaque, "Frappez l'ennemi avec le nom de Jésus". Disons la prière de Jésus, prions les uns pour les autres avec les paroles de livre de prières et avec nos propres paroles, car la prière est vitale pour notre victoire. La prière nous donne la force de nous opposer au péché jusqu'au bout.

Le Christ est ressuscité! Vraiment, Il est ressuscité!

Archiprêtre André Léméchonok

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