Centre d’Accueil pour femmes

13 novembre 2020

centre accueil femmes

Des femmes qui se sont retrouvées dans des circonstances difficiles au cours de leur vie ont commencé à venir au monastère Sainte Elisabeth en demandant de l’aide. C’est ainsi qu’est apparue la nécessité d’organiser un Centre d’Accueil pour femmes. Un territoire où auparavant se situait une base militaire avec une église dédiée à Saint Serge de Radonège a été trouvé dans ce but. 

Quelques jours avant la procédure de régularisation de ce terrain, l’église a été ravagée par un incendie. Aujourd’hui, par la grâce Divine, les travaux de restauration de l’église se poursuivent petit à petit et en même temps, dans le travail et la prière, les habitantes du Centre changent leur vie pour le mieux.

À propos du Centre d’Accueil

En 2011, non loin du village Nélidovitchi, situé en direction nord de la ville de Minsk, le monastère Sainte Elisabeth a fondé un Centre d’Accueil pour femmes. Des femmes qui se sont retrouvées dans des circonstances difficiles au cours de leur vie, des alcooliques et des droguées, d’anciennes détenues, des femmes qui ont perdu leur domicile, leurs proches, leur travail, sont devenues habitantes de ce Centre. Toutes celles qui ont décidé de changer leur vie y ont trouvé asile et la possibilité de mettre à profit leurs compétences.

monastere accueil femmes Avec les moniales Barbara, Bassa et Marie, près de trente femmes se trouvent aujourd’hui dans ce Centre d’Accueil. Elles habitent dans une maison à deux étages, à 3 ou 4 personnes par chambre et prennent les repas trois fois par jour dans un réfectoire commun. 

Les moniales qui gèrent le Centre d’Accueil coopèrent étroitement avec les autorités de tutelle puisque quelques femmes demeurent dans le Centre avec leurs jeunes enfants. Deux maisons de type familial avec des conditions de vie adaptées ont été construites dans ce but. L’éducation des enfants et tous les frais destinés à les élever sont des questions très sérieuses et c’est pour cette raison que de telles familles se trouvent sous le contrôle de l’État. Dans la vie de ces femmes un miracle a déjà eu lieu: grâce à l’aide et à l’appui des  moniales, elles peuvent rester avec leurs enfants. 

Le renouveau spirituel

Toute transfiguration, même la plus petite, ainsi que tout avancement vers la Lumière se fait grâce à la Communion, la Confession et la prière. C’est par la prière que commence et se termine chaque journée de travail des habitantes du Centre d’Accueil. Comme on le sait, la prière est un des labeurs les plus difficiles. Cependant, on n’a peur ici d’aucun travail.

ferme animaux femmes monastereDès octobre 2013, la Divine Liturgie est célébrée tous les mardis dans ce domaine, mais pour le moment dans le sous-sol de l’église dédiée à Saint Serge de Radonège qui avait été ravagée par un incendie.

Tous les jours au cours de la semaine, les soeurs lisent les hymnes acathistes aux différents saints: à Sainte Marie l’Égyptienne, à l’icône de la Mère de Dieu «Calice Inexhaustible», à Sainte Matrone de Moscou, à Saint Nicolas, au Saint grand-martyr et guérisseur Pantéléïmon, aux Saints Cyrille et Marie, parents de Saint Serge de Radonège, tandis que la lecture de l’hymne acathiste à Saint Serge de Radonège est quotidienne. Les soeurs demandent son intercession dans la restauration de l’église qui lui est dédiée et dont les travaux de bâtiment ont débuté au printemps 2014. Cette belle église en bois s’élève vers le haut et les soeurs attendent la sonnerie majestueuse des cloches se faire entendre sur Nélidovitchi.

Tout au long de la journée, les habitantes du Centre d’Accueil se relayent pour lire le psautier. Après la règle de prière du soir, les soeurs se demandent pardon les unes aux autres et participent à la procession de la croix. 

ferme monastereComme le disent les moniales responsables de ce Centre, le plus important dans la vie spirituelle de ces femmes est de se rendre compte qu’elles ne peuvent plus vivre en dehors de l’Église. La Communion, ce n’est pas un procédé magique que l’on prend pour revenir ensuite à l’ancienne vie. La Communion, la prière et le travail doivent devenir une base, une norme de  vie. Ce n’est alors que l’homme commence à se ranimer. Heureusement, de telles transfigurations ont déjà eu lieu: une des femmes du Centre d’Accueil a senti l’appel monastique et une deuxième est devenue soeur de la charité. 

Thérapie par le travail

Les obligations de travail pour chacune de ces femmes sont établies selon leurs forces et capacités. Elles cultivent un potager, réalisent des travaux de couture, élèvent des animaux domestiques. 

Les femmes qui vivent dans le Centre d’Accueil à Nélidovitchi sont principalement occupées à des travaux ménagers: à la cuisine, dans le potager, à la serre ou encore au nettoyage. Certes, il y a aussi des travaux saisonniers. Ainsi en hiver, par exemple, elles cultivent dans une cave des champignons, les pleurotes. En été, elles cueillent des herbes médicinales (ortie, millepertuis etc). Elles préparent aussi des rameaux décorés pour la fête de l’Entrée du Christ à Jérusalem (le Dimanche des Rameaux) en grande quantité: quelques 50 000 pièces en moyenne!

Deux ateliers, l’un de reliure et l’autre de broderie, sont ouverts dans ce domaine du monastère. Les différents objets sont d’habitude confectionnés pour les besoins du monastère (habits monacaux, tabliers pour le réfectoire, foulards et mouchoirs etc). Etant de bonnes travailleuses, ces femmes sont prêtes à se mettre à tout travail et le font avec zèle, qualité et soin. 

centre accueil pour femmesY a-t-il une exploitation agricole sans animaux domestiques? Les soeurs élèvent des chèvres, des lapins, des poules. On peut toujours y goûter du lait de chèvre, du fromage blanc. 

Femme et couture sont des notions inséparables. Il en est de même dans le Centre d’Accueil à Nélidovitchi. Les travaux d’aiguille soulagent et aident ces femmes à se retrouver elles-mêmes, à apprendre quelque chose de nouveau et à trouver une occupation préférée. Les soeurs font des pochettes porte-encens en cuir et tressent des chapelets que l’on commande même de l’étranger.

Les habitantes du Centre d’Accueil participent chaque fois à la préparation des fêtes au monastère. Ainsi, à Pâques, elles aident dans le fournil ou encore elles colorent les oeufs dans le réfectoire. 

Leur travail créatif

La représentation de Noël, dirigée par la moniale Bassa, a été une expérience merveilleuse pour les femmes du Centre. Tout a commencé par la préparation de chants des colindes (chants traditionnels de Noël qui annoncent et célèbrent la venue en notre monde du Sauveur). Les femmes ont appris à chanter, ont appris par coeur les textes des chants et puis elles ont eu l’audace de passer avec ces chants à travers le village de Nélidovitchi où elles ont été accueillies chaleureusement et avec beaucoup de joie. 

monastere sainte elisabeth fermeIl arrive bien souvent qu’une simple idée se transforme en projet de grande envergure. Si au début les chants de Noël se faisaient entendre dans des petits villages, aujourd’hui le territoire de leur exécution s’élargit rapidement. Les soeurs réjouissent les habitants des cités et des villages environnants par leurs chants mélodieux de colindes. 

Réinsertion sociale dans le Centre d’Accueil

Afin de pouvoir trouver abri dans ce Centre d’Accueil, il est nécessaire de recevoir la bénédiction du père spirituel du monastère, l’archiprêtre André Léméchonok, ou de la mère prieure. Pour ce faire, toute personne qui souhaite s’installer dans le Centre, sera dirigée à l’hôpital voisin pour un examen médical. Ce n’est qu’avec la bénédiction et le certificat de l’état de santé reçu après l’examen médical que la personne pourra se rendre dans le Centre d’Accueil. 

Le mardi à 19h, dans l’église en l’honneur de l’icône de la Mère de Dieu «Souveraine» ont lieu des causeries sur des sujets spirituels que le père André mène avec les paroissiens. Il est également possible de recevoir la bénédiction après la causerie. 

ferme animaux monastere

La période d’essai de la nouvelle arrivée dans le Centre se détermine après discussion avec les soeurs moniales. D’habitude, celle-ci dure de 3 à 6 mois. Après quoi, au cours d’une réunion avec les moniales, la candidate devra analyser son séjour dans le Centre d’Accueil. Il ne s’agit pas d’un compte rendu sec sur le travail qui a été fait, mais d’une analyse de sa vie, une réflexion sur la voie à suivre dans le futur. Après cette discussion, les moniales et la femme en question décident d’une nouvelle période de séjour se cloturant à nouveau par une conversation-analyse. Après quelques discussions de ce genre, la femme aura la possibilité de rester pour une durée illimitée. Grâce à cette approche, les femmes comprennent qu’elles ne passent  pas simplement le temps dans le Centre, mais qu’elles font partie de quelque chose de grand et important. 

L’homme atteint par le péché est semblable à une icône abîmée. C’est par le repentir que son image devient plus nette et pure. Pour ce faire, il faut fournir de très grands efforts. Comme c’est important pour chaque personne de voir en elle-même l’image Divine et de lutter contre le péché pour sa vie et pour pouvoir être avec Dieu! Certes, il est impossible dans cette difficile tâche de compter uniquement sur ses propres forces et d’agir sans l’aide Divine et sans appui du prochain. Mais s’il y a l’espoir, la foi, la confiance en Dieu et l’aspiration à l’Amour, l’homme réussira forcément!

Articles associés
Comment