L'endurance est la clé de notre salut

24 novembre 2020

pretre orthodoxe

Par la prière, le jeûne, le travail, les grands saints devenaient agréables à Dieu. Un homme, qui provient de notre monde, devient saint. Qu’est-ce qui détermine cela? Nous connaissons des exemples des saints qui dès leur naissance ont été choisis par Dieu, comme saint Nicolas et autres saints. Il y a aussi des gens inconnus. Jusqu’à nos jours encore, le monde, peut-être, ne connaît rien sur beaucoup de ceux qui vivent et ont vécu dans l’ascèse. Ils servent Dieu dans l’humilité, la chasteté, le jeûne et le travail.

Qu’est-ce qui détermine la sainteté? L’action de Dieu en l’homme. L’homme donne cette possibilité à Dieu, il se soumet à Sa volonté, Lui ouvre son cœur qui se remplit de grâce Divine. Les Saints se considéraient comme les derniers parmi tous les hommes. Et c’était vrai, ils se voyaient réellement ainsi: ils regardaient profondément à l’intérieur d’eux-mêmes et voyaient ce qui s’y passait. Nous regardons notre apparence et, sûrement, ce n’est pas une réponse à la question. Il y a là, certainement, du rationnel, parce que pour regarder en soi, il faut se préparer. Ce n’est pas tout le monde qui peut porter ce qu’il verra dans son intérieur. Le Seigneur nous protège des chutes spirituelles.

A chacun sa mesure. Il y a des grands saints qui pouvaient par leur parole déplacer des montagnes, mais il y a aussi des grands qui se sont rendus célèbres par ce qu’ils n’avaient jugé personne. Chacun a son chemin. Il y avait au monastère d’Optino un postulant qui est mort assez jeune et qui ne s’est pas fait remarquer. Il faut dire qu’il ne menait pas une vie très ascétique. Cependant, il a été révélé au père higoumène que ce postulant se trouvait dans le Royaume des Cieux. Les frères étaient étonnés et ont demandé: «Mais comment? Nous l’avons vu manger tout le temps». On ne l’avait pas vu observer un jeûne rigoureux. Le père higoumène a prié et le Seigneur lui a ouvert que ce postulant n’avait jugé personne, pas une seule fois. On dirait qu’il n’avait pas fait d’exploits, mais essayez de ne juger personne! Peut-être que ce n’est pas chacun qui réussira. C’est-à-dire que le Seigneur donne à chacun sa mesure et il est nécessaire de l’accepter et de bâtir sa maison, son église à base d’elle.

Chacun de nous est le temple du Dieu vivant. Nous recevons le Christ, nous portons Dieu en nous. Comment ne pas perdre, ne pas laisser tomber, ne pas dissiper cette richesse? C’est pour cela peut-être que nous avons une certaine mesure de la vie. Les gens saints pouvaient mourir même en jeune âge parce qu’ils étaient déjà prêts à entrer dans le Royaume des Cieux. Mais nous, on fait encore des efforts, on lutte contre soi-même. Personne ne pourra prendre le dessus sur nous sauf nous-mêmes. Nous laissons les péchés entrer en nous et ils nous envahissent. Après cela, nous commençons à nous en libérer, puis encore et encore. Une attaque, une contre-attaque, puis encore une attaque,.. pas de constance. Il est très important d’avoir une constance dans la vie spirituelle. Même si un exploit n’est pas si important, mais le fait d’avoir tenu bon au moment de l’attaque, de ne pas avoir retraité, ceci est déjà une victoire. On dit souvent: «Je confesse vingt ans la même chose mais je n’avance pas». Gloire à Dieu qu’on ne recule pas! Seigneur, protège-nous! Se tenir vingt ans et ne pas reculer, c’est aussi un exploit. Bien que nos péchés se répètent, nous nous tenons quand même. Ce n’est pas sans raison que les Saints disaient dans la révélation à propos de notre temps, que ceux qui, pendant les derniers temps, vont persévérer dans la patience (je pense que c’est quand l’homme doit se supporter lui-même, mais ils disaient supporter quelque chose en général), ils seront plus haut que les ascètes et les martyrs des premiers siècles, c’est-à-dire ceux que l’on rouait, torturait et tuait. Cela veut dire que pour la patience d’endurer des afflictions l’homme sera mis au nombre des saints.

Il est donc nécessaire d’endurer les choses avec patience. C’est ça notre temps, je pense. On ne fait pas d’exploits, voilà pourquoi dans la patience et la résignation nous devons accepter ce qui nous est envoyé: les gens qui sont près de nous, les circonstances que nous n’aimons pas trop. Celui qui aura tenu bon jusqu’au bout, celui-là sera sauvé (Mt 10:22). Ainsi, remercions Dieu pour tout.

Prêtre Valéry Zakharov

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