Sans Dieu nous n’avons pas d’avenir

26 avril 2021

photo du  pretre- dans l'eglise

Ce n’est maintenant que nous commençons à comprendre auquel grand miracle nous participons, au miracle de l’amour et de la miséricorde. Nous commençons aussi à comprendre dans quel état se trouve le monde. Toute la civilisation repose sur la construction du confort et l’homme fait de telle manière qu’il puisse vivre encore plus commodément. De grandes forces sont dépensées pour cela, ainsi que beaucoup d’argent, les gens inventent de nouvelles et de nouvelles choses pour le confort. Tout cela est pour le corps mais pas pour l’esprit. La vie spirituelle diminue.

Nous vivons, de ce fait, au temps difficile. Il y a quarante ans, il semblait qu’on n’avait aucune liberté: il n’était pas permis de prononcer les homélies, on ne permettait pas aux jeunes gens de venir à l’église. On ne permettait pas beaucoup de choses, et une infraction pouvait être la cause d’une peine. Mais la vie d’alors était tout à fait autre qu’aujourd’hui. Aujourd’hui, tout est permis et c’est là qu’est l’horreur. Tout séminariste peut vous dire aujourd’hui que beaucoup à l’Église Orthodoxe a vieilli, on peut aussi entendre qu’il est nécessaire de tout adapter à notre confort puisque le monde change et pourquoi donc ces incommodités. On peut tout changer et accommoder de façon pour être à son aise et bouleverser ainsi toutes les fondations. Les vies des Saints pour quelqu’un sont, peut-être, des histoires qu’il ne croit pas. Mais à quoi croit-il? A qui croit-il alors? L’homme croit à son intelligence, à l’intellect, à des connaissances... L’homme explore le cosmos, les profondeurs de la terre. «L’homme – cela sonne fièrement!..»

Cela fait peur. Peur, parce que nous sommes les enfants de ce monde et de ce temps. C’est un miracle que nous sommes venus à l’église. Nous y sommes venus atteints par le péché, atteints de la tête aux pieds. Nous sommes des consommateurs, nous voulons consommer et non pas donner. Je me rappelle quand je suis devenu croyant, les enfants étaient petits, mais on observait le jeûne pendant le carême. Je savais que le jeûne ne nuit à personne. On dit maintenant ainsi: «Vous savez, les enfants sont si petits, en première année d’école, peut-être qu’il n’y a pas besoin qu’ils observent le jeûne...» Difficile de jeûner, beaucoup de choses sont difficiles: de se tenir longtemps debout à l’église, de prier, de vivre pour quelqu’un. Les gens pensent qu’ils devraient vivre pour eux-mêmes...

L’homme croyant vit sa vie en Dieu. Il sait que si Dieu permet quelque chose lui arriver, cela signifie que cela est nécessaire pour son salut. Saint Isaac le Syrien, accusé pour rien, avait été mis en prison, mais après il est devenu un des plus grands ascètes parce qu’il y est revenu à soi et a commencé à réfléchir autrement. Le père Nicolas Gourianov m’a dit: «Il est bien d’être avec Dieu. Même en prison, quand on s’y trouve avec Dieu, c’est très bien pour l’homme». Il faut dire qu’il se trouvait beaucoup dans des prisons et même là où il y avait chaque jour un danger de mort. Un autre vénérable starets, le père Jean Krestiankine, lui-aussi avait dit: «C’est en prison que j’ai commencé à prier véritablement, c’est alors que j’ai eu la prière. Mais après, quand je suis sorti de prison, ma prière n’était plus la même».

Que cherchons-nous à obtenir? Comment bâtissons-nous notre vie: selon que nous le voulons nous-mêmes ou bien nous avons confiance que tout est entre les mains de Dieu? Si l’homme vit en Dieu, cela veut dire qu’il a déjà de tout.

Vous êtes aujourd’hui notre espoir, frères et sœurs. Je vous prie de réfléchir vous-mêmes, de ne pas simplement regarder les écrans de télévision ou d’ordinateur où vous trouverez peu de vérité. Réfléchissez et demandez tout à Dieu. Dieu vous répondra obligatoirement. Cherchez la beauté les uns des autres, ne regardez pas de côtés. Il est beau partout, mais il est encore plus beau chez soi. Il ne faut pas penser que quelque chose est mieux quelque part ailleurs. Quand j’étais encore jeune, je connaissais des gens qui étaient déçus et étaient partis à l’étranger pour trouver une vie meilleure. Finalement, ils ont réalisé qu’ils n’avaient pas de liberté là-bas. Ils avaient plus de liberté dans leur pays natal qu’ailleurs, voilà où est le paradoxe. Les arts, les livres, les films, c’étaient des chefs-d’œuvre qui ont été créés malgré la censure qui existait à l’époque soviétique. Il n’y a pas de censure aujourd’hui, mais en même temps il n’y a pas de chefs-d’œuvre non plus. Parce que l’esprit était vivant en ce temps-là, vous comprenez? Maintenant, tout est basé plutôt sur le profit: cela peut rapporter ou non, va-t-on payer pour cela ou non?..

Nous devons nous rappeler ces paroles du Seigneur: crois seulement, et tu seras sauvé (cf: Luk 8:50). Comment pouvons-nous changer ce monde? Ne pense pas bouleverser les fondations, comme disait Saint Ignace Briantchaninov, mais il faut veiller sur soi-même, sur son cœur, être attentif à ses proches et à sa famille. Il faut être un exemple pour les autres et alors des milliers de gens seront sauvés autour de vous. Voici un principe de conduite à appliquer dans notre vie.

L’espoir du monde est l’Église Orthodoxe Russe, l’Orthodoxie. Nous devons lutter contre le diable, contre le péché au monde qui cherche à nous faire des esclaves obéissants qui vont là où on leur dit et font ce qu’on leur ordonne de faire. Nous voulons vivre librement... Malheureusement, peu nombreux sont ceux qui veulent cette liberté. Il est si commode pour beaucoup à ne pas réfléchir, à ne rien chercher, mais qu’il y ait quelqu’un pour leur donner des instructions à suivre: faire d’abord ceci, faire ensuite cela... Il y a des gens qui ne réfléchissent ni cherchent pas déjà parce qu’ils se sont habitués à consommer le produit fini. Même pas des produits semi-finis, mais des produits déjà préparés, c’est-à-dire que quand tout est décrit dans une instruction comment il faut faire pour consommer. Voici toute la liberté avec cette instruction qui se trouve dans un joli emballage avec une odeur agréable dedans. C’est beau et simple...

Nous lisons dans l’Evangile sur une femme qui était atteinte d’un flux de sang, qu’elle avait dépensé tout ce qu’elle avait pour être guérie, mais que les médecins n’ont pas pu l’aider. Et voici que cette femme a touché le bord du vêtement de Jésus. Nous lisons aussi sur un homme l’enfant de qui était sur le point de mourir et qu’il est venu vers le Christ. «J’ai trouvé la tribulation et la douleur. Et j’ai invoqué le Nom du Seigneur» (Ps. 116: 3, 4). C’est alors que l’homme s’adresse au Christ, quand il a une douleur, quand il lui est difficile de vivre dans la pression de ce monde qui se trouve dans le péché. C’est alors que l’homme commence à ouvrir ses yeux, à appeler Dieu: Fils de David, Jésus, aie pitié de moi! (Mar 10:47). Qui est-ce qui a appelé? Un riche? Non, un aveugle qui était assis au bord du chemin. Nous sommes des aveugles, des sourds, des muets, des lépreux et avons besoin de Dieu. Voilà pourquoi nous sommes ici. Nous avons besoin de Dieu parce que sans Lui nous n’avons pas d’avenir. Pas non plus d’avenir pour nos enfants. Nous avons besoin du Christ, du Dieu vivant, Qui a dit: J’ai vaincu le monde (cf: Joh 16:33), et nous devons Le suivre jusqu’au dernier jour de notre vie.

Dieu vous sauve pour votre prière, pour votre effort de venir tôt le matin à la Divine Liturgie, à la Sainte Cène afin de recevoir le Corps et le Sang du Christ pour la vie éternelle. Félicitations à tout le monde.

Archiprêtre André Léméchonok

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