Sur la route du Golgotha

21 avril 2021

le pretre dans la photo de l'eglise

Eh bien, mes chers, le Carême est arrivé. Dans ce corps, nous ne pouvons pas voler, nous devons ramper. Parfois, c'est très dur et on a l'impression de ne plus avoir de force. Mais Dieu connaît nos capacités. Quand on pense que c'est fini, Dieu vient nous réconforter. Quand le Christ a commencé à prêcher, la première chose qu'Il a dite était : Repentez-vous, car le royaume des cieux est proche (Mt 4 :17). Un autre passage de l'Évangile montre ce qu'est la repentance. L'aveugle sur la route s'écrie: Fils de David, Jésus aie pitié de moi! (Mc 10 :47). L’aveugle crie, mais on lui dit: ‟Qu'est-ce que tu cries? Tais-toi, assezˮ. Lui, il crie encore plus fort, et le Christ l'entend et lui ouvre les yeux. L’aveugle recouvre la vue et commence à louer Dieu.

Voilà, la route, с’est notre vie, et nous sommes les aveugles. Il nous semble que Dieu ne nous entend pas, mais nous devons L’appeler encore plus fort. Indulgents envers nos faiblesses, nous aimerions nous détendre, mais il faut tenir bon jusqu’au bout. Celui qui persévérera jusqu'à la fin sera sauvé (Mt 24 :13). La participation à la Divine Liturgie exige le renoncement à soi-même. Il est difficile de se détacher des soucis quotidiens, des nombreuses choses qui nous distraient de Dieu. Cependant il faut aller à la Cène, à la Liturgie, s’unir à Dieu. Notre seul espoir est dans la miséricorde de Dieu; nous devons appeler: ‟Jésus, aie pitié de moi!ˮ Même si le monde entier essaie de vous faire taire, vous devez appeller Dieu et aller jusqu'au bout. Je ne peux pas vous dire que ça va devenir de plus en plus facile. Ce sera de plus en plus difficile. Et puis il y aura le Golgotha ― ce point final où l’homme dit déjà: ‟Je n'en peux plus!ˮ Et alors le Seigneur dira: ‟Ouvre tes yeux et suis-Moiˮ.

Souvent, nous sommes confus, nous faisons fausse route, nos pensées sont erronées et nos actions sont mauvaises. Mais Jésus-Christ est le même, hier, aujourd’hui et pour toujours (Hébreux 13 :8). Il dit: ‟Je vous donne Mon Sang et Mon Corps. Vivez en liberté et en paix, vivez et réjouissez-vous, car Je suis avec vous et J’ai vaincu le mondeˮ. Bien sûr, malgré notre cécité et notre surdité, nous savons Qui nous suivons et Qui nous appelons. Nous savons déjà ce qui nous attends lorsque nous arriverons à la fin de notre vie - pas un gouffre, pas l’obscurité du néant, mais une vie nouvelle, éternelle. Il vaut la peine de vivre et de travailler pour elle, sans épargner sa chair et son sang, qui de toute façon n'hériteront pas du Royaume de Dieu.

Préparons-nous pour Pâques. Croyons et espérons la résurrection des morts et la vie du siècle à venir, dans laquelle nous entrons déjà dans ce monde temporaire. Et le reste n'est rien. Croyez-moi, cela n’a aucun sens de s'inquiéter, de se tourmenter et de deviner: ‟Que va-t-il se passer? Est-ce qu’on m’aime ou pas? Mon contrat sera-t-il renouvelé ou non?ˮ La réponse y est ― comme Dieu le veut, tout est entre les mains de Dieu, notre vie aussi. Personne ne sait s'il vivra pour voir demain, nous devons vivre aujourd'hui. Vivre avec la foi et l'espérance en l’amour du Seigneur, avec Sa paix au coeur, sans nous éloigner de Dieu. Malheureusement, le péché vit encore en chacun de nous, mais ne lui permettons pas de nous confondre, de nous faire disputer et mutiler l’un l’autre (car les paroles peuvent aussi mutiler).

Le Christ est parmi nous, nous sommes donc tous ensemble, unis en Son amour. Avec Son amour, nous devons surmonter notre péché personnel.

Aide-nous et garde tout le monde, Seigneur.

Archiprêtre André Léméchonok

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