La vie spirituelle est le travail le plus difficile

28 avril 2021

pretre pendant la liturgie

L’homme peut comprendre ce qui se passe dans le monde au moyen d’esprit et de cœur. Il y a les yeux et les oreilles mais ils voient et entendent seulement ce que l’homme veut voir et entendre. Voilà pourquoi quand nous prions, nous essayons d’unir l’esprit au cœur. Nous ne prions pas en dessinant quelque chose dans l’imagination, mais nous essayons de nous recueillir et de joindre l’esprit au cœur. Ce n’est pas un exercice de yoga, mais une aide à l’homme pour qu’il puisse se recueillir à son intérieur. Il faut avoir une pratique pour cela et ça peut prendre des années pour y réussir. Il ne faut pas être confus quand nous serons distraits par des pensées ou que nous serons irrités. Celui qui a décidé d’apprendre à parler avec Dieu et de chercher la bénédiction Divine dans sa vie, apprendra assurément. Nous apprenons pendant toute notre vie et ainsi nous «présentons toute notre vie au Christ Dieu».

Nous dépensons beaucoup de temps à des choses extérieures, à des émotions de notre âme, à des impressions et tout cela est comme un kaléidoscope: une chose aujourd’hui, une autre demain. Aujourd’hui, nous disons que tout va bien, même très bien, mais demain que tout va très mal. Cela se répète et se répétera tant que l’aiguille de la montre avance et compte les tours. Mais quand la montre s’arrêtera, s’arrêtera aussi le kaléidoscope... Nous vivons par des impressionstemporaires, par des sentiments et des humeurs. Aujourd’hui nous sommes de bonne humeur et nous sommes donc heureux, mais demain l’humeur peut changer. Il n’y a pas de constance qui doit être dans l’homme intérieur. Voilà pourquoi nous pouvons pendant des années aller à l’église, mais, tout de même, ne pas apprendre à parler avec Dieu. Nous tâchons de faire quelque chose, et même courageusement, mais nous n’avons pas une compréhension du sens de la vie spirituelle et de son objectif. Nous n’avons que des paroles. Je ne dis pas que nous devons garder le silence et ne rien dire. Nous devons être accueillants, attentifs, compatissants. Tout cela est propre à l’homme sensible qui peut verser des larmes mais aussi compatir ou avoir besoin qu’on lui compatisse. Cependant, nous sommes assez inconstants dans nos émotions et réactions et nous avons souvent du mal à accepter les critiques à notre égard.

Un moine a dit à un père higoumène expérimenté qu’il voyait en rêve des anges. Le père higoumène a demandé aux autres moines de donner à ce moine une claque sur la nuque quand la fois suivante il verrait des anges. Le moine a agi comme un homme sensible. «Quelle sorte d’anges a-t-il vu? Cela devaient être des mauvais...» Ainsi, nous avons, de temps en temps, la possibilité de tester la qualité de notre vie: comment sommes-nous quand quelqu’un peut nous blesser, piquer au vif ou dire une injure. Ceci nous permet de voir si nousprogressonsspirituellement.

Quelqu’un peut nous dire: «Je vais à l’église tous les jours, je communie à chaque liturgie!» Il faut voir quels sont les résultats, les fruits. Est-il reconnaissant pour ce qu’il possède? Si c’est oui, cela veut dire que l’Esprit Saint vit en lui. Apprécie-t-il ce qu’il possède? Cela veut dire que Dieu vit en lui. Il ne se plaint pas, ne se décourage pas. Cela signifie qu’il est sur la bonne voie. Mais si c’est: «Tout va mal chez moi, tout le monde est sans-cœur et insensible, je souffre si fort...», alors cette personne marche dans la mauvaise direction. C’est pour cette raison que nous devons nous arrêter parfois et regarder si nous ne nous sommes pas égarés. Il me semble qu’il est très important de comprendre et de voir où s’est produite la chute, où une épreuve a eu lieu. Parce que chaque action résulte de quelque chose. Si quelqu’un abuse de l’alcool, quelles en sont les causes? C’est l’alcool qui en est coupable? Ou peut-être c’est la faiblesse de l’âme qui ne veut pas voir le problème, ne veut pas changer sa vie intérieure et son attitude?

Voilà pourquoi il est très important pour nous de faire des pas corrects. Ce ne sera pas évidemment de grands pas. La vie spirituelle demande une attention et un effort permanents ce qui est le travail le plus difficile, le travail auquel nous ne sommes, peut-être, pas encore tout à fait prêts.

Les gens dans lesquels j’ai vu l’Esprit Saint, sont des gens simples et ils ne parlaient d’aucune spiritualité et se considéraient comme les derniers, mais ils avaient l’amour du Christ. Cela a été visible de loin. Pourquoi? Parce que les yeux sont un miroir de l’âme et c’est de l’abondance du cœur que la bouche parle (cf: Mat 12: 34), selon la parole de l’apôtre. Ce que l’homme dit, cela reflète son état intérieur actuel. Un de mes anciens collègues qui était comme moi gardien à la cathédrale, plus tard ordonné prêtre, était parti dans la région de Pskov assister un archimandrite. Il y a vécu un temps, ce n’était pas facile, il a vu beaucoup de choses. Quand il est venu voir père Nicolas Gourianov et a commencé à lui raconter ce qu’il avait vu, père Nicolas ne l’a pas laissé continuer: «Prêtre bien, moine bien, Dieu le sauve». Il ne voulait pas condamner parce que Dieu était en lui.

Archiprêtre André Léméchonok

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